Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Blog de jean Yves Petit

"Le Monde": M. Cohn-Bendit: "La vie, ce n'est pas aussi simple qu'un discours de Mélenchon"

9 Avril 2012, 20:50pm

Publié par jeanyvespetit

Une interview de Dany Cohn-Bendit dans le journal "Le Monde" pour alimenter le débat et notre réflexion commune...

 

Bové-DCB-EV

 

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/04/09/m-cohn-bendit-la-vie-ce-n-est-pas-aussi-simple-qu-un-discours-de-melenchon_1682565_1471069.html

Voir les commentaires

La lutte contre les forages en Méditerranée ne s’arrête pas !

9 Avril 2012, 08:20am

Publié par jeanyvespetit

manif-gaz-de-schistes-08-04.jpgDimanche 8 avril, Eva Joly s’est jointe à la manifestation contre les forages « off shore » en Méditerranée. Après un tour en bateau avec l’eurodéputé François Alfonsi, face au Fort de Brégançon, la résidence secondaire du candidat-président, elle a rejoint la plage et s’est exprimée face aux divers collectifs citoyens et associations qui ont organisé l’événement : Ligue pour la Protection des Oiseaux, Collectif 83, Greenpeace…

« Je suis venue ici en tant que candidate à la présidentielle mais aussi en tant que citoyenne. On veut chercher les derniers barils d’hydrocarbures avec les risques que cela comporte en terme de marées noires et de pollutions, au mépris le plus complet de nos biens communs.

Si le président sortant s’est déclaré défavorable aux forages pétroliers en Méditerranée, c’est de façon in extremis : à croire qu’il a conditionné cette promesse électorale de plus à la formidable mobilisation citoyenne de ce dimanche. Nous ne pouvons nous permettre de manquer de vigilance.

Ce rassemblement est l’occasion de fêter une victoire militante et citoyenne. Les batailles écologistes n’en connaissent pas autant qu’il faudrait pour préserver notre magnifique territoire.

Certains permis de forage restent toujours d’actualité et la mobilisation ne doit s’essouffler sous aucun prétexte. Nicolas Sarkozy a le sens de l’opportunité, et ce qu’il appelle conviction s’apparente le plus souvent à un intérêt particulier. C’est le même homme qui a laissé Total se blanchir dans le procès Erika : on peut toujours s’attendre au pire. »

Eva Joly, candidate écologiste à l’élection présidentiellele-choix-de-ecologie pt

Voir les commentaires

Notre rencontre avec les salariés de Fralib …

31 Mars 2012, 09:06am

Publié par jeanyvespetit

IMG_0262.JPG

Vendredi 30 mars, comme prévu, nous sommes allés, ma collègue Sophie Camard et moi-même, rencontrer les salariés de l’usine Fralib à Gémenos.

Surprise, je constate que UNILEVER vient de faire « un nouvel investissement » sur le site de Gémenos … est-ce le signe d’un nouveau départ de l’usine ? …non … c’est tout simplement un « tourniquet » pour mieux filtrer les salariés …et les visiteurs. Et là, Sophie et moi, nous ne sommes pas déçus, les vigiles qui contrôlent l’entrée ne nous autorisent pas à pénétrer à l’intérieur …ordre du directeur de l’usine…les conseillers régionaux ne sont pas les bienvenues !!!

Après plus d’une heure de discussion via l’avocat des salariés, le problème se règle  et nous pouvons accéder au local syndical, ce qui nous semble la moindre des libertés pour un syndicat !

Nous avons pu échanger avec la CGT et la CGC sur la situation actuelle mais aussi et surtout sur l’avenir et les pistes alternatives. La discussion s’est centrée sur l’idée de lier agriculture bio et de proximité avec un lieu de conditionnement et un réseau de distribution en prenant exemple sur les cantines scolaires qui font de plus en plus appel à la nourriture bio. Ce qui permettrait, en plus, de créer, de fait, un lien avec les collectivités locales et ce réseau alternatif dont la structuration demande à être étudier pour en vérifier sa faisabilité.

De toute évidence, malgré toutes les entraves et provocations du groupe Unilever vis-à-vis des salariés et des représentants syndicats, la volonté de poursuivre leur action et de démontrer que le maintien d’une activité industrielle est possible sur le site de Gémenos est réelle ! C’est vraiment un bel exemple contre la fatalité et en faveur de la transformation écologique de l’économie.

Tribune Fralib

Voir les commentaires

De nouveau à Bruxelles, cette semaine - au menu le RTE-t et la libéralisation du ferroviaire ...

31 Mars 2012, 08:09am

Publié par jeanyvespetit

drapeau européenJeudi 29 mars, je suis retourné  à Bruxelles. Ce déplacement  s’inscrit dans la continuité du travail effectué depuis le début de mon mandat, au sein du conseil régional, sur les enjeux européens concernant notre région.  2012 sera une année plutôt active étant donné les le caractère important des sujets, ci-dessous, en cours d’élaboration par la Commission et le Parlement européen. J’ai donc pu rencontré Monsieur De Grandis, qui suit, à la DG MOVE (direction mobilité de la Commission), le RTE-t (réseau transeuropéen de transports), Monsieur Delacombe, qui suit également le RTE-t  à la Représentation Permanente de la France à Bruxelles et Pascal Canfin, eurodéputé, Europe Ecologie / Les Verts qui va suivre, pour les eurodéputés EELV français, les textes concernant le ferroviaire.  

LD 1327666208593Les discussions sur le Refonte du 1er Paquet ferroviaire

Le Conseil et le Parlement européen négocient actuellement pour mettre en place un « Code d’accès ferroviaire unique » qui portera sur 3 grands domaines : le financement et la tarification adéquats des infrastructures ferroviaires ; les conditions de concurrence sur le marché ferroviaire ; et les réformes organisationnelles nécessaires pour assurer la surveillance appropriée du marché.

La préparation par la Commission européenne du futur 4ème Paquet ferroviaire

La Commission européenne a officiellement annoncé qu’elle présenterait avant la fin de 2012 un nouveau « Paquet ferroviaire » proposant :

- d’ouvrir le marché des services nationaux de transport ferroviaire de voyageurs ;

- de modifier le Règlement OSP (obligation de service public) pour prévoir notamment « l’obligation d’attribuer les contrats de service public par la voie de la mise en concurrence» ;

- et d’instaurer une « séparation structurelle (dégroupage) entre la gestion des infrastructures et la fourniture des services ».

Sur ces deux sujets, très liés l’un à l’autre, j’ai précisé notre refus de nous obligé (imposé) la mise en place de la concurrence dans le transport public régional. Aujourd’hui, le règlement le Règlement européen OSP (obligation de service public) permet ce libre choix entre concurrence ou attribution directe d’une gestion du transport public régional, il convient donc de maintenir ce libre choix. Il est à noter que la constitution française prévoit « la libre administration des collectivités territoriales ». A cela, il faut d’ajouter l’absence d’un cadre social tant européen que national qui ne peut que favoriser le dumping social et le « moins disant social » lors des appels d’offres.

De même, à propos de la structuration du système ferroviaire, j’ai exprimé notre désaccord sur l’idée d’imposer, là aussi, une séparation totale entre l’infrastructure et l’entreprise ferroviaire publique. Encore une fois, cela doit relever du choix du chaque Etat de déterminer quelle est la meilleure structuration pour son propre pays. En France, nous constatons que le système actuel, séparation entre l’infrastructure (Réseau Ferré de France –RFF) et la SNCF qui exploite des milliers de trains chaque jour, est à « bout de souffle », qu’il est inefficace et génère des surcouts. Il est vitale de revenir vers un système intégré avec un pilotage unifié tout en respectant les directives européennes sur le libre accès et la séparation comptable.

Sur notre région, nous avons su montré que la qualité de service est possible avec une entreprise publique, nous n’avons donc pas besoin de faire appel à un exploitant privé, par contre nous avons besoin de moyen financier pour rénover et modernisation l’infrastructure afin de faire circuler plus de TER.

 

TERLa question du financement des infrastructures de transport et notamment du Réseau Transeuropéen de Transport (RTE-T)

La Commission européenne a présenté simultanément en octobre 2011 sa proposition législative relative à la planification du Réseau Transeuropéen de Transport (RTE-T) et sa proposition concernant le financement de ce même réseau. La Commission propose de mettre en place un nouveau cadre de financement pour les infrastructures de transports, le Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe, dont le volet Transport serait doté d’un budget de 21,7 Milliards d’euros sur la période 2014-2020. Le Conseil et le Parlement européen se penchent actuellement sur ces propositions.

Sujet très important pour notre région afin d’établir une véritable desserte ferroviaire transfrontalière avec les régions voisines (Le Piémont et la Ligurie).

En ce moment, une demande de cofinancement, portée par notre Région et la Ligurie, est en cours auprès de la Commission Européenne via les Etats français et italien. L’objectif est de faire faire des études sur l’axe « Cannes / Nice / Monaco / Vintimille / Albenga » pour déterminer tout ce qu’il serait nécessaire de faire, et à quel coût, pour mettre en place un service transfrontalier dédié aux milliers de salariés mais aussi aux nombreux touristes.

De même, en prévision du RTE-t 2014/2020, un travail très étroit avec nos amis de la Région Ligurie est en cours pour être prêt à déposer un projet concernant l’infrastructure ferroviaire entre Marseille et Gênes.

La rencontre avec le représentant de la DG MOVE, en vision conférence avec la Ligurie, nous a permis de mieux comprendre les enjeux.

Une nouvelle rencontre aura lieu à Vintimille, avec la Région Ligurie, mi-avril afin de poursuivre ce travail en commun

logo regioneligurialogo Région

Voir les commentaires

Rencontre - débat à Auriol avec Alain Lipietz...Crise de l'Euro ! crise de l'Europe ! ...Les solutions ? - Vendredi 30 mars à 19h00

28 Mars 2012, 16:57pm

Publié par jeanyvespetit

Rencontre-Debat-avec-Alain-Lipietz-a-Auriol-le-_.JPG

Voir les commentaires

Tiens ! … Pourquoi je continue à soutenir Eva Joly ?

24 Mars 2012, 17:56pm

Publié par jeanyvespetit

DSC01860Il est fréquent que, lorsque je rencontre une connaissance, soit à travers son regard interrogatif, soit oralement, elle me demande « alors, ce n’est pas trop dur cette campagne électorale ? » … voire même, d’une façon encore plus directe «  Pourquoi maintenez-vous encore la candidature d’Eva Joly ? » …

Peut-être est-il temps de préciser ce que je pense du contexte actuel et d’affirmer ma position.

Bien entendu, j’aimerais qu’Eva Joly ait des sondages équivalents aux résultats obtenus lors des élections européennes ou bien régionales…entre 10 et 20 % selon les circonscriptions ou les régions.

De toute évidence, de l’extrême gauche au Modem via les écologistes et le Front de Gauche, nous sommes face à un électorat plutôt volatile entre ces différentes sensibilités politiques.

Il est clair que Jean Luc Mélenchon a su capter, grâce à sa personnalité et son charisme, une partie non négligeable de cet électorat.

-          Faut-il en déduire pour autant un rapprochement, une communion avec les idées des organisations, dont le parti communiste, qui composent le Front de Gauche ?

-          De même faut-il en déduire que l’écologie politique, absente des débats actuels, serait entrain de disparaître ?

Je ne le crois pas … mais L’histoire proche nous le dira

Cette élection présidentielle, comme les précédentes, personnalise à outrance les candidats et laisse de côté les idées. François Bayrou en est l’exemple type avec des résultats nettement inférieurs à 5% lors des élections régionales … il ressuscite lors de cette campagne électorale…mais c’est bien sa personne qui est mise en avant car qui connait ses idées, ses projets ?

Qu’en sera-t-il après le 2ème tour de la présidentielle, le 6 mai ? Va-t-il disparaître à nouveau, comme lors de la dernière élection présidentielle ?

Que dire des successeurs de Olivier  Besancenot et  d’Arlette Laguiller qui ont beaucoup de mal à exister … si ce n’est qu’à défaut d’un « étendard médiatique » point de salut !!!

Il est clair que cette personnalisation à outrance des candidats ne fait pas partie de la culture des écologistes qui favorisent plutôt le collectif.

Oui, mais alors … et Eva ?

IMG 3228-500x220

Et bien moi je continue de la soutenir et, comme Cécile Duflot à eu l’occasion de le préciser lors d’une émission sur Europe 1, je ne souhaite pas, non plus, qu’elle change.

J’ai eu l’occasion d’accompagner Eva Joly lors de sa rencontre avec les salariés et les syndicats de Fralib à Gémenos puis de Lyondellbasell à Berre. Sa capacité d’écoute, sa connaissance des dossiers et sa force de propositions pour faire en sorte que les emplois soient maintenus dans l’immédiat mais aussi sur un plus long terme dans le cadre d’une reconversion écologique de l’économie en font une candidate crédible et appréciée.

Qui aurait cru, il y a quelques années en arrière, que des contacts et des échanges aussi fréquents entre des écologistes et des responsables de la CGT, notamment dans le secteur de la pétrochimie soient possibles ?

J’ai eu le plaisir de l’écouter à plusieurs reprises. C’est une personne calme et posée mais qui dit clairement les choses…notamment dans le cadre des affaires de corruption…à commencer sur les Bouches du Rhône…regardez bien la (ou l’absence de !!!!) position des uns et des autres sur ce type de sujet ! Je crois que l’on a de plus en plus besoin d’éthique dans la vie politique et la gestion des affaires publiques.

J’apprécie Eva parce que c’est la seule candidate à parler de l’Europe et de sa nécessaire construction démocratique…mais aussi à parler des quartiers populaires comme ce fut le cas le 16 mars à Marseille.

Certes, ce n’est pas « une artiste avec de grandes envolées lyriques » comme Mélenchon, Hollande, Sarkozy,… et alors ? Est-ce vraiment ce dont a besoin la République et les français pour les 5 années à venir ? Je ne le crois pas !

Pour moi, le 22 avril, c’est Eva !

Et après le 6 mai … Eva sera toujours là, comme l’ensemble des élu(e)s et militant(e)s d’Europe Ecologie / Les Verts, à œuvrer quotidiennement en faveur de l’écologie politique et pour plus de justice sociale sur le plan européen, régional et local.

pour moi c'est Eva

Voir les commentaires

Une partie récente de mon activité ….

23 Mars 2012, 10:12am

Publié par jeanyvespetit

un-LER.pngInauguration, le 1er mars, d’un nouvel arrêt LER (ligne express régionale) à Flassans sur la ligne 36 entre le Cannet des Maures et Aix TGV puis l’aéroport de Marseille Provence. L’occasion de relier cette petite commune au transport public régional.

 

 

 

 

 

 

 

 

La_CGT.jpgAssises du service public ferroviaire organisées, le 17 mars, le syndicat CGT des cheminots des Arcs. L’occasion de rappeler nos actions en cours pour l’amélioration et le développent des TER (2 aller/retour supplémentaires entre Toulon et les Arcs pour le service 2012) mais aussi nos propositions à propos de l’évolution du service public ferroviaire (vers un réseau ferroviaire intégré, contre la concurrence, gouvernance des établissements publics SNCF/RFF, …) et bien entendu favoriser la solution ferroviaire pour le réouverture les Arcs / Draguignan.

 

 

 

 

 

rubon14-414x276.jpgL’échange très constructif, le 19 mars, avec une délégation du syndicat régional des cheminots Sud Rail a permis d’aborder l’ensemble des sujets touchant le ferroviaire dans une période de fortes évolutions et où les craintes ne manquent pas (cadre social, emplois, …).

 

 

 

 

train-20vapeur-20photo-202010.jpgL’assemblée générale du GECP (Groupe d’Etudes des Chemins de Fer de Provence), le 18 mars à Entrevaux. L’occasion devant plus de 80 personnes passionnées de cette ligne de chemins de fer entre Nice et Digne. L’occasion de remercier cette importante association pour son activité qui contribue à pérenniser l’existence de cette voie ferrée mais aussi de contribuer au développement économique local avec son train à vapeur.  Cela m’a permis  de faire un point sur les travaux en cours de réalisation …. Mais aussi sur les tous les projets à venir.

 

 

 

  

Banaudo 6812 vduc Guillaumasse 11-2-2011Rencontre avec le syndicat CGT des CP (chemins de fer de Provence) le 20 mars à Nice.  J’ai précisé l’orientation, le planning et la méthode de travail de la Région dans le cadre de la fin, le 30/06/2013, de la DSP (délégation de service public) liant la Région et son délégataire (Véolia). Un audit est en cours afin d’aider la Région à choisir entre la poursuite de la DSP et une gestion en régie publique.

  

 

IMG_0260.JPGDéplacement à Bruxelles avec l’ARF (association des Régions de France), le 21 et 22 mars, accompagné des syndicats de cheminots français afin d’évoquer avec des eurodéputés puis avec la Commission européenne le projet d’un nouveau texte européen appelé « 4ème paquet ferroviaire ». On aura noté l’excellente intervention de l’eurodéputée Vert, Isabelle Durant, ancienne ministre des transports Belge expliquant les raisons de son désaccord à propos de la poursuite de la libéralisation du ferroviaire. Ce fut l’occasion pour les Régions présentes, comme pour moi, de réaffirmer le droit à la libre administration des collectivités territoriales, et la persistance de la possibilité, même après 2017, de choisir leur mode d’exploitation de  leurs réseaux et donc de s’opposer à ce que la concurrence soit une obligation comme le souhaite la Commission européenne sur la demande des Gouvernement dont celui de Sarkosy

sans-titre.pngAssises contre la fraude dans les TER organisées, le 23 mars, par le Comité d’établissement des cheminots de la région Provence Alpes Côte d’Azur, dans l’hémicycle du conseil régional. Durant toute une matinée, plus de 120 personnes ont échangé sur les moyens de réduite le taux de fraude très important à bord des TER de notre région. Cette fraude représente une perte financière qui manque à la Région et à la SNCF pour investir (matériel roulant, emploi, …). Un grand nombre de pistes de travail et de propositions par les salariés présents, les syndicats mais aussi par la SNCF et la Région. Une volonté réelle existe pour agir concrètement et dans un délai très court. Agir contre la fraude, c’est également agir pour plus de civisme et de tranquillité à bord des TER et dans les gares. J’aurais l’occasion d’y revenir.

Voir les commentaires

Discours d’Eva Joly devant l’Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité...

22 Mars 2012, 19:21pm

Publié par jeanyvespetit

Voilà un sujet très sensible qui touche chacun d'entre nous, directement ou indirectement, avec une temporalité différente selon l'âge et la situation, traité avec intelligence et humanité par Eva Joly...c'est aussi cela faire de la politique !

JYP

IMG 2221 redimensionner-500x220

Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie pour votre invitation à m’exprimer devant vous aujourd’hui. Je suis heureuse d’avoir le temps de développer mon sentiment personnel sur ce sujet aussi sensible que celui de la fin de vie.

C’est un sujet sensible car il touche à notre conception de la vie, de la mort, de la solidarité, de la liberté, de la dignité. C’est un sujet sensible car chacun l’aborde avec son histoire personnelle, avec le souvenir des proches qu’il a vu partir, de ceux qu’il a accompagnés dans les derniers instants de leur vie. C’est aussi mon cas.

C’est un sujet sensible, et il impose donc l’écoute attentive de toutes les parties prenantes, il impose le plus grand respect des opinions. Ainsi, j’entends les personnes qui disent que la valeur de la vie va au-delà de la vie sans souffrance, que l’homme n’a pas le droit de détruire ce qu’il n’est pas capable de créer. J’entends et je respecte ce choix. Il n’est pas question d’imposer quoique ce soit à ces personnes : leur liberté individuelle est et sera toujours respectée.

Faut-il aller au-delà du droit actuel ?

Il faut d’abord reconnaître les avancées de la loi Leonetti de 2005. Elle énonce l’interdiction de l’obstination déraisonnable, c’est à dire de l’acharnement thérapeutique. Elle légalise l’administration massive de médicaments aux malades pour soulager leur souffrance, quitte à ce que la dose soit létale. Ce sont des points importants, et pour beaucoup de personnes, même chez Europe Ecologie – Les Verts, il suffirait de mieux faire connaître cette loi pour répondre à l’enjeu de la fin de vie dans la dignité.

Personnellement, je ne crois pas que ce soit suffisant. Je pense qu’il faut avancer vers l’aide active à mourir. Mais autant vous le dire tout de suite, avant d’y revenir plus longuement, je suis aussi très sensible à certains arguments des opposants à cette aide. Moi aussi, je refuse une société où la mort serait donnée par défaut de solidarité.

Je souhaite aller au-delà de la loi Leonetti car le cas de Vincent Humbert a montré les lacunes de notre droit. Il n’existe aujourd’hui dans notre code pénal aucune distinction entre la mort donnée par compassion à autrui, à sa demande, et l’assassinat. Devons-nous laisser les citoyens sans repère, quitte à ce que certains se retrouvent devant les tribunaux ? Devons-nous laisser les magistrats face à ce vide juridique ? Je ne crois pas.

Je veux en finir avec l’illégalité dans laquelle l’aide active à mourir est pratiquée. Etant illégales, ces pratiques ne respectent pas les règles de prudence telles que la collégialité. Pour reprendre les mots du député Vert luxembourgeois Jean Huss, qui a défendu la loi qui a permis au Grand-Duché de légaliser l’aide à mourir strictement encadrée : « ce n’est pas dans la légalité que les abus ont lieu, mais bel et bien dans l’illégalité ».

Je souhaite le pluralisme moral, à savoir le droit à disposer de soi-même et la possibilité pour chacune et chacun de choisir. Toute loi qui autoriserait l’aide médicalisée à mourir n’obligera évidemment personne à demander ces interventions. Mais elle n’interdira pas non plus à certains citoyens d’y recourir et de vivre ainsi selon leurs convictions morales. Ceux qui, pour des raisons éthiques ou religieuses, veulent continuer à vivre même au bout de leurs forces doivent considérer que d’autres peuvent faire un autre choix et accepter que la loi les y autorise.

C’est pourquoi je pense que nous devons aller au-delà de la loi Leonetti.

Soyons clairs : l’aide active à mourir est et restera une solution exceptionnelle, et elle doit être strictement encadrée. Je souhaite que l’adoption de la loi relative à ce nouveau droit soit l’occasion d’un débat serein sur les modalités d’encadrement. Ainsi, il pourrait être limité aux personnes en phase avancée d’une maladie grave et incurable, et dont la souffrance physique et psychique est insupportable, dont l’état de dépendance est intolérable pour eux-mêmes. Evidemment, la demande d’aide à mourir doit être répétée et révocable à tout moment. Evidemment, les soignants devront proposer au patient les soins palliatifs comme alternative, ils devront prendre le temps d’une réflexion collective et du dialogue avec le patient et son entourage. L’acte devra donner lieu à une déclaration à une commission de contrôle. Toutes ces modalités devront être discutées et débattues, mais le chemin que je trace est clair : c’est à la personne en fin de vie de choisir. C’est un acte individuel fort. C’est le droit à disposer de soi-même.

Cela ne clôt cependant pas la discussion. Car je n’imagine pas qu’une nouvelle loi autorisant l’aide active à mourir soit votée sans faire évoluer radicalement le système français d’accompagnement des personnes en fin de vie. Si c’était le cas, je crains sincèrement une dérive bien triste de notre société.

J’entends ceux qui disent qu’une personne vraiment entourée d’amour ne demande que rarement à mourir. Il s’agirait dans la plupart des cas d’un appel au secours plutôt que d’une demande réelle, d’un appel contre l’abandon. De même, des soignants en soins palliatifs expliquent que les demandes d’euthanasie s’étiolent souvent quand les malades reçoivent des soins ou sont rassurés sur le fait qu’il n’y aura pas d’acharnement thérapeutique.

En fait, j’entends tous ceux qui s’inquiètent que la mort puisse être donnée par défaut de solidarité. Moi aussi je refuse une société qui tue car elle ne sait pas répondre à la peur de l’abandon ou de la souffrance. Je sais que nous refusons tous cela ici.

Nous sommes attachés à la liberté individuelle, notamment en ce qui concerne les conditions de sa propre mort. Mais nous sommes tout autant attachés à la solidarité avec les personnes qui souffrent, physiquement et psychiquement. Ma conviction est qu’il n’y a pas de contradiction entre liberté et solidarité quand nous parlons de la fin de vie.

Cette solidarité doit s’exprimer par l’investissement de notre pays dans les soins palliatifs et l’accompagnement humain. La question de l’euthanasie ne peut être traitée sans parler plus globalement de la fin de vie des malades en grande souffrance. C’est pourquoi je souhaite assurer un droit universel à l’accès aux soins palliatifs. Un service de soins palliatifs par département, c’est un minimum. A l’heure actuelle, ces soins ne sont accessibles qu’à 15 % ou 25 % de ceux qui en ont besoin. C’est un scandale humain.

Je souhaite revoir le taux d’encadrement dans les services gériatriques pour garantir le confort de vie des patients, y compris et surtout en fin de vie. La qualité de vie des personnes âgées est un vrai problème de société : il y a des établissements où les conditions de vie sont indignes et il ne faut pas attendre la fin de vie pour s’en occuper en termes de soins comme en terme de prévention et d’insertion communautaire. Par ailleurs, il est inadmissible que M. Sarkozy et Mme Bachelot aient laissé tomber le chantier de la perte d’autonomie.

Il faut aussi progresser sur la place de l’entourage du malade. Je pense évidemment à l’association des proches à la réflexion des soignants, ou au rôle de la « personne de confiance », porteuse des volontés d’un malade qui ne serait plus capable de s’exprimer. Mais je crois aussi que nous devons travailler sur l’accompagnement d’une personne en fin de vie par ses proches.

L’écrasante majorité des décès ont lieu à l’hôpital, et trop souvent dans la solitude, alors que nos concitoyens préfèreraient mourir chez eux sereinement, entourés de leurs proches à qui ils peuvent dire au revoir. L’actuelle allocation journalière d’accompagnement d’une personne en fin de vie va dans le bon sens. Il y a encore des innovation à mettre en œuvre pour aider les proches à concilier leur vie, notamment professionnelle, et ce travail merveilleux, dur, humain d’accompagnement vers la mort.

Je veux que nous sortions ensemble de l’opposition entre liberté individuelle et solidarité. Je suis pour l’aide active à mourir, je suis contre une société qui tue car elle ne sait pas répondre à la peur de l’abandon ou de la souffrance. Cela impose, avant que l’aide active à mourir ne devienne effective, pendant que ses modalités seront débattues et progressivement mises en œuvre, d’opérer un investissement massif sur l’accompagnement des personnes en fin de vie. Un investissement économique et humain. C’est par l’accompagnement que le droit à mourir dans la dignité prendra tout son sens. C’est par la solidarité qu’il deviendra véritablement une nouvelle liberté.

LOGO EELV fondblanc quadri

Voir les commentaires

Lundi à 22h30 : débat face à Marine Le Pen (France 2)...

18 Mars 2012, 21:45pm

Publié par jeanyvespetit

lunettes700.pngChers amis,

Ce lundi à 22h30, Eva Joly sera l'invitée de l'émission Mots Croisés spéciale présidentielle sur France 2, à l'occasion d'un débat face à Marine Le Pen, candidate du Front national.

Ce sera l'occasion pour Eva  Joly de mettre en avant son projet de société, face aux attaques perpétuelles de Marine Le Pen contre les valeurs d'égalité et de tolérance que nous défendons dans cette campagne.

IMG_2221_redimensionner1.jpg

Voir les commentaires

Eva Joly répond aux question d'ATTAC sur l'Europe et la démocratie ...

17 Mars 2012, 08:07am

Publié par jeanyvespetit

Madame,
Je vous remercie pour ce deuxième questionnaire d’ATTAC qui me permet, après avoir détaillé mes propositions sur la finance, d’aborder les sujets de l’Europe et de la démocratie. Vous savez que ce sont des sujets qui sont au cœur de mon combat politique, de ma vie. C’est pour cela que je me suis rendue récemment en Grèce.
Dans ce pays il y a aujourd’hui un sentiment de désespoir et de révolte profonde. Avec le retour dans les rues des militants d’extrême-droite, les citoyens craignent une dérive autoritaire. Leur situation empire, sans perspectives de sortie. C’est par la solidarité européenne que nous parviendrons à stopper l’hémorragie sociale qui touche la Grèce aujourd’hui, mais se répand déjà au Portugal, en Espagne, en Italie, et peut-être demain en France. C’est par la démocratie que nous parviendrons à cette solidarité et que nous tournerons le dos aux replis nationalistes et aux tentatives récurrentes de désigner des boucs émissaires.
Vous trouverez ci-dessous mes réponses détaillées à vos questions.
Je vous remercie encore pour votre interpellation et vos combats
Avec toute mon amitié
Eva Joly
IMG 9223 redimensionner
Soumettre à référendum la ratification du Pacte budgétaire
Je suis profondément opposée à la ratification du Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance dans l’Union économique et monétaire (TSCG), Traité dit Merkozy ou Pacte budgétaire. Mon opposition a été confortée par ma visite en Grèce. Ce que j’ai vu à Athènes doit être vu par tous les dirigeants européens !
Dans notre pays, tous les partis de gauche sont opposés au TSCG. Etant plutôt optimiste de nature, et comptant sur une victoire de la gauche et des écologistes aux élections prochaines, la question pour moi n’est donc pas « faut-il un referendum pour ratifier le TSCG ? » mais plutôt « comment négocier un autre Traité ? ». Ce n’est pas le moment d’anticiper une victoire de la droite ou une trahison de la gauche. Par ailleurs, je crains que de relancer le débat européen sur le modèle de la campagne référendaire de 2005 sur le TCE soit une erreur stratégique, qui risque de renforcer les anti-européens. Cette position est personnelle : elle devra être validée par les instances démocratiques de mon mouvement.
Je milite pour un nouveau traité, qui vise non pas à rassurer les banques et les financiers de la City et des grandes places européennes, mais qui mette au cœur les citoyennes et les citoyens. J’ai baptisé ce traité le « Traité d’Athènes », parce que je pense que tous les dirigeants européens doivent se pencher sérieusement er humainement sur la situation de la Grèce plutôt que de la regarder de loin comme un fardeau. Je lutte contre un devenir grec de l’Europe.
Avec ce traité, nous devons mettre en commun nos dettes au niveau européen pour que le fardeau soit partagé, renégocié et n’écrase aucun pays. Nous devons imposer une législation qui écrase le secret bancaire, aide à lutter contre les paradis fiscaux, mette en oeuvre une taxe sur les transactions financières, pour qu’il n’y ait pas d’un côté les victimes, et de l’autre les bénéficiaires de cette crise. Nous devons remplacer le pacte de stabilité qui est devenu un pacte d’austérité, par un pacte de solidarité, un pacte de développement écologique et social qui manque tant à l’Europe. Nous devons lancer un grand plan d’investissement écologique au niveau européen, pour entamer la transition écologique de notre économie et créer de nouveaux emplois. Nous devons réussir un fédéralisme budgétaire, nous devons mettre en place un audit européen des dettes publiques.
Enfin, rétablir la démocratie, c’est d’abord rompre avec la logique intergouvernementale d’Angela Merkel et e Nicolas Sarkozy, qui ont amené l’Europe dans une impasse. Respecter la démocratie, c’est respecter le résultat des urnes et donc renégocier tout de suite le TSCG.
Proposer l’élaboration démocratique d’un nouveau traité européen.
Sur ce sujet, je partage en partie votre analyse et je suis heureuse que vous repreniez une de nos anciennes propositions : la ratification d’un traité institutionnel par des référendums simultanés dans tous les pays de l’Union. EELV est le seul parti politique profondément fédéraliste et le seul parti réellement pan-européen dans le paysage politique français qui pense que l’Europe est le niveau pertinent pour répondre aux crises. Nous avons un rôle et une responsabilité spéciale dans la construction d’un Europe nouvelle, avec nos homologues allemands notamment.
Il faut refonder les institutions européennes sur une base plus démocratique. Le Traité de Lisbonne était censé être une solution palliative face au rejet du TCE. C’était un compromis instable. Nous touchons aujourd’hui aux limites du Traité de Lisbonne. Nous avons toujours essayé de faire vivre au Parlement Européen une Europe capable d’utiliser les avancées institutionnelles du traité de Lisbonne mais qui avait entendu le « Non », et nous avons toujours fait l’effort de préserver la solidarité et l’Europe sociale tout en promouvant les principes de l’écologie politique. Mais la période récente a montré que l’inter-gouvernementalité est la forme institutionnelle dominante. Les réunions du Conseil européen se sont multipliées sans résoudre les crises, et en n’associant que très rarement le parlement européen. Le résultat de tout cela, notamment en France, c’est la croyance que l’Europe est responsable de la dégradation du quotidien, alors que la responsabilité est celle de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel. Leur politique qui est mise en œuvre depuis 2007 a été largement aidée par la crise : elle a permis une remise en cause sans précédent du modèle social Européen depuis les années 50.
Il nous faudra reconstruire un climat de confiance entre européens et mettre fin a ces défiances entre pays du Nord et du Sud, entre supposées cigales et fourmis, et redonner confiance aux citoyens dans la capacité de l’Europe d’assurer ses promesses fondamentales : la paix, la prospérité et l’égalité.
Ainsi dans mon projet, je défends l’idée que : « La France proposera de lancer un nouveau processus constituant permettant de doter l’Europe d’une Constitution digne de ce nom – c’est à dire d’un texte court et compréhensible par toutes et tous, rappelant les valeurs et les projets qui unissent les Européens, et faisant progresser l’Europe vers le fédéralisme. Ce texte tirera sa légitimité de sa ratification par un référendum européen. »
Instaurer en France un vrai droit au référendum d’initiative citoyenne
Dans mon projet, je vais au delà du référendum d’initiative citoyen. Je revendique la constitution d’un cinquième pouvoir citoyen. Les consommateurs et consommatrices, les salariéEs, les usagerEs doivent être mis en capacité d’interpeller, d’évaluer, de contrôler et de modifier les décisions des acteurs économiques et publics. Nous avons besoin d’une démocratie réelle associant les citoyens et garantissant les contre-pouvoirs. Comme l’énonce l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, les citoyens « ont droit de concourir personnellement » à la formation de la loi.
Je défends une 6e République qui redéfinira les processus décisionnels à tous les échelons dans une logique d’inclusion systématique de la population.
La démocratie directe sera enrichie (en articulant le cas échéant l’initiative référendaire populaire et des procédures de débat public) ; surtout, elle deviendra décisionnelle et pas seulement consultative. 1 % des citoyens pourront réclamer un référendum. Après vérification de la constitutionnalité de la demande (pour veiller au respect des droits humains et environnementaux) et de sa cohérence par rapport aux compétences de l’échelon territorial concerné, s’ouvrira une seconde étape. Au cours de celle-ci, 5 % des citoyens devront se joindre à l’initiative dans un délai de quelques mois. Les assemblées concernées auront alors la possibilité de faire des contre-projets ou de modifier la loi. En l’absence d’un accord avec les organisateurs de l’initiative, dans la troisième étape, cette dernière sera soumise au vote. Pour s’imposer légalement, la proposition devra recueillir en sa faveur une majorité des votants et au moins 25 % des électeurs inscrits, la votation étant ouverte aux résidents étrangers. Parallèlement, sera instauré un droit d’interpellation populaire qui ouvrira la possibilité à une fraction de la population de faire inscrire par pétition une question à l’ordre du jour des assemblées délibératives (du Conseil municipal à l’Assemblée nationale), comme cela existe déjà au niveau de l’Union européenne.
Des outils participatifs et délibératifs (budgets participatifs, jurys citoyens, conférences de consensus) seront largement diffusés. Les actuelles Commissions du débat public seront réformées et transformées en collèges de la participation citoyenne, autorité indépendante. Ils joueront un rôle transversal de garant de la participation du public aux processus décisionnels à toutes les échelles territoriales.
Vivre mieux !

Voir les commentaires