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Blog de jean Yves Petit

Une semaine riche …. mais aussi difficile !

16 Septembre 2012, 13:09pm

Publié par jeanyvespetit

DSC04173Difficile pour les usagers avec une rupture de la caténaire (fil aérien qui assure l’alimentation électrique des trains) entre Nice et Monaco, puis une autre rupture sur le Var entre Carnoules et Puget et enfin un incendie à proximité de Cannes qui, sur demande des pompiers, a bloqué la circulation des trains durant plus d’une heure.

Ces incidents ont bloqué et réduit le nombre de trains.

De fait, vu l’absence d’alimentation électrique, des automoteurs habituellement utilisés sur la ligne entre Marseille et Aix en Provence ont été transférés sur la Côte d’Azur afin d’assurer une offre de transport … ce qui explique que, dans le même temps, les usagers de la ligne d’Aix ont voyagé dans des trains bondés par manque de matériel roulant !!!

Si on ne peut pas faire grand-chose pour empêcher ce type d’incidents, on peut être en colère du fait de l’absence d’itinéraire alternatif et de système permettant de circuler à contre sens afin de permettre une continuité de la circulation des trains…. Et ce n’est pas faute de le demander, d’une façon récurrente, à l’Etat et à RFF.

Mais aussi, une semaine riche, je l’espère, pour une meilleure prise en compte de la situation et des difficultés de notre région, dont celles évoquées ci-dessus.

En effet, la situation sanitaire et sociale dans la région ne permet pas de rester sans solutions au niveau de la mobilité. L’amplitude horaire de la congestion routière va s’étendre et les heures perdues vont croître de + 85% pour Nice. De même, un usager de la route perd en moyenne 10 jours par an dans la congestion routière sur l'axe Marseille/Aix, il en perdra 17 en 2023 si nous continuons à agir au rythme actuel  sur le système de transport en commun. Pour Toulon et son agglomération, les bénéfices du 2ème tube du tunnel et de l’A57 à 3 voies seront consommés en moins de 10 ans. La région connaît 1,5 fois plus d’accidents routiers que la moyenne nationale. 600.000 personnes sont exposées à des niveaux de pollution de l’air supérieurs aux valeurs limites réglementaires et la France fait l’objet d’un contentieux européen, avec un fort risque d’astreinte, pour les 3 agglomérations littorales, qui figurent parmi les plus embouteillées et les plus polluées d’Europe. A titre d’exemple sur l’aire marseillaise, le journal La Provence a indiqué que plus de 200 personnes par an décédaient suite à la mauvaise qualité de l’air, Le Monde indiquant qu’un jeune de 30 ans avait une espérance de vie inférieure de 7.5 mois.

L’axe ferroviaire entre Marseille, Toulon, Nice et Menton est saturé. Le nombre de passagers par an attendu d’ici 2023 est 80 millions dont 15 supplémentaires par an.

 

Il est clair et évident que nous ne pouvons pas rester sans rien faire !

Durant cette semaine, j’ai eu l’occasion de représenter la Région et de m’exprimer lors de ma rencontre avec le directeur de cabinet du Ministre des transports, du séminaire national des managers de la SNCF, en présence de Guillaume Pépy, et lors du 10ème anniversaire du train des Merveilles.

 

Cevenol à Alleyras (43)-copie-1La rencontre avec le directeur de cabinet du Ministre des transports, Il a été demandé:

 

De prendre en compte la nécessité d’une nouvelle infrastructure dans le cadre de la révision du SNIT, mais aussi de donner la priorité à court terme à la régénération et à la modernisation du réseau existant, notamment dans le cadre du Contrat de projet Etat/Région 2014/2020.Ne pas le faire conduirait rapidement à l’asphyxie des transports dans la région, mais serait également un renoncement vis-à-vis des générations futures et une impasse politique.

En outre, il a été mis en avant les points suivants :

-         la mise en place, très rapidement, d’une ressource financière dédiée au transport public régional face à l’augmentation sans cesse croissante des TER;

-         la prise en compte du réseau ferré existant sur l’aire métropolitaine marseillaise mais aussi au sein du grand port maritime de Marseille afin de développer l’offre de transport urbain pour les personnes et les marchandises ;

-         le transfert de propriété à la Région du patrimoine des Chemins de fer de Provence ;

-         le renforcement du rôle des régions en tant qu’autorité organisatrices de la mobilité. De même, il a été proposé une place des régions plus importantes dans la gouvernance des établissements publics ferroviaires, portuaires et aéroportuaires ;

-         une réelle implication de l’Etat dans le projet de percée ferroviaire sous le Montgenèvre ;

-         le maintien sur la totalité du parcours, entre Marseille et Clermont Ferrand, du train d’équilibre du territoire le Cévenol ;

-         la révision et l’actualisation de la convention de 1970 liant la France et l’Italie à propos des investissements de la voie ferrée entre Breil, Tende et la frontière italienne .

 

argentLe séminaire national des managers de la SNCF en présence de G. Pépy :

 

-         Les Régions souhaitent avant tout la maîtrise et la transparence des coûts car aujourd’hui l’équation économique des régions est impossible à résoudre. En effet, les régions sont les seules collectivités locales qui ne maîtrisent pas leurs recettes car elles sont nourries uniquement par des dotations de l’Etat et la situation empire d’année en année car la dotation d’Etat a été calculées sur le volume de l’offre en 2000 (environ 150 millions d’€) et n’a pas été réajustées depuis alors que le trafic est structurellement en augmentation (En PACA par exemple, il y avait 541 trains en 2002, il y en a 705 aujourd’hui)

-         C’est en comprenant mieux ce que représente vraiment la facture de la SNCF concernant les TER qu’on pourra disposer des leviers d’arbitrages afin de stabiliser ou réduire les coûts.

-         Nous avons besoin qu’il y ait moins de cloisonnement interne entre les différentes activités de SNCF car le manque de communication et de coopération a des conséquences négatives :

o        pour le traitement des incidents. 

o        c’est une multitude de compétences qui ne sont pas exploitées pour une synergie commune, par exemple pour assurer une fiabilité et une qualité de l’offre de transport public ou pour le fret ferroviaire.

-         Nous avons besoin que le Directeur de Région ait tous les leviers opérationnels pour pouvoir résoudre les problèmes, et notamment qu’il ait la main sur le Matériel, qui est essentiel dans la qualité de l’offre.

-         De même, La dilution des responsabilités et le manque de communication entre RFF et SNCF sont devenus impossibles, tout le monde y perd du temps et de l’argent. S’il ne faut surtout pas revenir à la SNCF d’avant 97, il faut revenir à une certaine intégration car le système est à bout de souffle. Dans le cadre de l’élaboration du 4ème paquet ferroviaire européen, l’ARF s’est d’ailleurs très clairement  opposée  à l’obligation de séparation complète entre gestionnaire d’infrastructure et entreprise ferroviaire. Elle s’est prononcée pour :

o        une société mère ou holding abritant notamment les personnels cheminots

o        un gestionnaire de l’infrastructure rassemblant toutes les fonctions réparties actuellement entre RFF et SNCF. Il est important de mutualiser les personnels car les gens ont une autre vision de la technique quand ils sont passés par l’opérationnel et qu’ils ont une connaissance globale du système.

-         La SNCF doit mieux être à l’écoute de son client, en acceptant de penser que l’AO (autorité organisatrice) n’a pas forcément tort…

o        Or il faut désormais comprendre que le décideur est l’AO et non l’exploitant et que si l’AO demande quelque chose, il faut chercher à faire en sorte que cela puisse s’appliquer plutôt que de répondre par principe « non » ou « ça va coûter tant ». 

-         La SNCF doit se transformer pour répondre aux nouveaux enjeux d’intermodalité. Le ferroviaire doit rester l’épine dorsale mais l’optimisation de l’offre passe par une meilleure complémentarité avec les autres modes de transport, notamment sur les ères métropolitaines comme Nice ou Marseille.

-         Malgré les difficultés, la SNCF et les cheminots assurent une évolution positive du transport régional depuis plusieurs années. L’ouverture à la concurrence ne répond pas aux besoins et aux problèmes actuels des régions. L’ARF propose d’en rester à ce que prévoit le règlement européen sur l’ouverture à la concurrence des marchés ferroviaires qui donne la possibilité (sans obligation) aux autorités organisatrices d’ouvrir à la concurrence.

 

EMPatrimoine3A l’occasion du 10ème anniversaire du train des merveilles :

 

le Train de Merveilles est un véritable succès, pour la saison 2012, ce sont plus de 25 000 touristes qui l’auront empruntés entre Nice, Breil et Tende avec, à bord, des conférencières passionnées présentant, expliquant, montrant tout ce qui concerne le parcours, la voie ferrée, les villages et la vie et l’histoire des gens de ce territoire. Ce train a le mérite d’être très économe des deniers publics, chose appréciable en ces temps, puisqu’il utilise des circulations ordinaires mais en apportant une plus - value par l’animation à bord.

-         Cette ligne de montagne, dont nous avons pu admirer la prouesse technique pendant le voyage, est en effet fragile. Exploitée au titre une convention franco – italienne de 1970, elle  doit impérativement  aujourd’hui  être réactualisée pour clarifier les responsabilités de chacun et décider  des investissements  à réaliser.

-         elle ne permet plus aujourd’hui des relations directes entre Nice, Cunéo et Turin. C’est pour cela d’ailleurs, que je rencontre à Cunéo,  le 20 septembre, mes homologues des régions Piémont et de Ligurie afin d’offrir, à nouveau, une offre de transport transfrontalière.

-         la  célébration des 10 ans doit aussi donner une impulsion nouvelle à un produit qu’on peut encore améliorer. En particulier, il faudra travailler encore plus à valoriser l’attractivité  de l’ensemble de la ligne et  des communes traversées.

-         Nous organiserons prochainement une rencontre régionale des associations qui animent les trains touristiques et les musées liés aux chemins de fer.

-         un bilan sera fait cet automne à propos de l’activité du train des Merveilles avec l’ensemble des acteurs et partenaires pour améliorer encore ce train touristique pour les 10 ans qui viennent et au-delà

-         La Région partage l’attachement  à ce  Train et au-delà  à  cette «  Ligne des Merveilles » Nous soutiendrons tous celles et ceux qui veulent, à juste raison, que nous puissions faire inscrire la Ligne des Merveilles au patrimoine mondial de l’humanité auprès de l’UNESCO.

 

IMG_3197.jpg

 

                     En gare de Tende avec mon collègue Enrico Vesco, vice président transports de la Région Ligurie 

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