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Blog de jean Yves Petit

Transversale Sud, Cévenol, Briançon/Paris: ma lettre à la SNCF ...

22 Novembre 2014, 17:31pm

Publié par jeanyvespetit

Cevenol à Alleyras (43)-copie-1A l’attention de Monsieur Jean GHEDIRA,

Directeur Intercités SNCF                                                                                                         

 

Monsieur le Directeur,

Je tenais à vous remercier, à nouveau, d’avoir organisé, avec RFF, la rencontre à propos de  l’évolution de la desserte des Intercités sur la transversale Sud du 14 novembre à Carcassonne.

Il est regrettable que l’Etat n’est pas jugé utile d’y participer alors que c’est bien l’autorité organisatrice de ces TET, trains d’équilibre du territoire.

La ligne ferroviaire reliant Nice à Bordeaux est empruntée par une multitude d’acteurs :

·         Les trains d’équilibre du territoire de bout en bout ;

·         Des services régionaux et/ou bi régionaux pour les TER ;

·         SNCF Voyage sur certaines sections (TGV Paris Montpellier, TGV Paris Nice, TGV Paris Toulouse, TGV Barcelone ...)

Si je ne peux que me féliciter de la tenue de cette rencontre sur la transversale sud, il convient de faire en sorte que ces réunion deviennent des réunions de travail entre les différents acteurs pour assurer une meilleure coordination de l’offre sur les différents segments d’usagers (pendulaires, loisirs, etc..) et non pour nous annoncer seulement l’évolution de l’offre Intercités.

Aussi, comme je vous l’ai indiqué à Carcassonne, il est nécessaire de préciser le rôle stratégique de chacune des gares desservies et leur multi-modalité, déjà entre les activités de la SNCF (TET, TGV, …), avec l’offre régionale (TER, lignes routières) et avec les dessertes urbains et interurbaines. A noter qu'il serait judicieux d'étudier la desserte de Marseille à Blancarde et non à St Charles afin d'en mesurer l'intérêt notamment sur le temps de parcours. 

L’objet de la réunion du 14/11 était de permettre à Intercités SNCF de présenter sa proposition de refonte de l’offre de la transversale Sud à l’horizon juillet 2017, correspondant à la mise en service de la LGV SEA.

 

L’offre actuelle concernant la région Provence Alpes Côtes d’Azur :

L’offre actuelle de TET est 6 A/R entre Marseille et Bordeaux, dont 1 prolongé à Nice (il existe un autre TET qui assurait la desserte de Nice mais « suspendu » depuis le 15/12/13 dernier suite aux travaux en cours sur l’axe).

Sur ces 6 A/R, la moitié sont des trains « caboteurs » s’arrêtant à Arles, l’autre moitié étant des trains rapides sans arrêt à Arles.

 

Les modifications proposées sont les suivantes :

·         Uniformisation de la desserte : Bordeaux / Agen (ou Montauban) / Toulouse / Narbonne (ou Béziers) / Montpelier / Nîmes / Marseille ;

·         Suppression donc des arrêts « caboteurs » : Arles, Sète…

·         Arrêt de la desserte au-delà de Marseille (fin du Bordeaux Nice) ;

·         7 A/R depuis Marseille (création d’un A/R supplémentaire terminus Toulouse) ;

 

Les raisons mises en avant sont : la plus faible attractivité des trains caboteurs en raison des temps de parcours dégradés sur les O/D principales (trajets entre grands pôles), la concurrence très forte du covoiturage, l’amélioration de la sécurité des voyageurs (le cabotage favorisant les montées / descentes de trains...), l’amélioration de la productivité, … le tout dans un contexte où l’AOT (l’Etat) est aux abonnés absents.

 

Il est également envisagé la rénovation du parc corail (150 voitures pour la transversale sud), aucune solution n’ayant été trouvée pour remplacer le matériel en raison de la panne de l’écotaxe.

 

L’impact des mesures annoncées pour la Région PACA :

. La perte d’un A/R sur Marseille Nice (2 avec le TET suspendu depuis le 15/12/13)

. La diminution de desserte d’Arles 

 

Les TET desservant 6 fois Arles par jour (tout sens), l’impact vers Marseille est important (passage de 56 trains à 50), mais vers Nîmes, la situation est catastrophique (passage de 17 trains à 11).

  

Le positionnement de la Région

Il existe un réel problème de portage de ces réformes :

·         Le portage de ces réformes par la SNCF (exploitant) en l’absence de l’AOT décisionnaire (L’Etat) pose un problème de niveau de responsabilité et de cohérence de l’interlocuteur pour la Région;

·         Notre crainte est qu’en l’absence de « dire de l’Etat », les Régions se trouvent forts démunis pour demander des compensations financières nécessaires face à ce retrait ;

·         Plus généralement, l’absence de communication de la stratégie de l’Etat concernant l’avenir des TET est problématique pour la prise de décision des Régions ;

·         Enfin, une taxe venant compenser la mise en place de la convention Etat / SNCF pour les TET, il serait logique que le transfert d’une partie de ce service entraîne le transfert d’une partie des ressources aux Régions.

 

Les propositions de TET ne sont pas acceptables en l’état, car :

·         Entre Marseille et Nice, le service présente un taux de couverture de 50% des dépenses. Le retrait de TET va accentuer l’enclavement du secteur Azur et donc un déséquilibre du territoire ;

·         L'arrêt de la desserte d’Arles est totalement insupportable entre Arles et le Languedoc Roussillon;

·         Un calcul rapide permet de chiffrer les coûts pour la Région liés à ces retraits de l’Etat :

Ø  Environ 2 M€ de contribution supplémentaire pour créer 1 A/R entre Marseille et Nice ;

Ø  Environ 1.5 M€ de contribution supplémentaire pour « allonger » les missions terminus Miramas à Nîmes.

 

Face à cette orientation inacceptable pour notre Région, je vous demande qu’une rencontre avec vous (et l’Etat) puisse se tenir à Marseille afin d’aborder de plus précisément ces différents points.

 

D’autre part, je profite de ce message pour vous demander :

o    Des garanties sur le devenir du train de nuit Briançon / Paris, notamment la rénovation ou le changement des voitures. A noter que les acteurs du tourisme viennent de m’apprendre que les groupes ne pouvaient utiliser ce TET pour venir dans les stations des Alpes du Sud ;

o    La tenue d’une rencontre avec les Régions Auvergne, Languedoc Roussillon et PACA à propos du Cévenol pour trouver une solution acceptable pour tous visant à rétablir une relation sans rupture de charge entre Clermont Ferrand et Marseille.

 

Très cordialement,

 

Jean Yves Petit

Vice-Président, délégué aux transports et à l'éco-mobilité

Président de la Régie Régionale des Transports

Région Provence-Alpes-Côte d'Azur

27 place Jules Guesde

13481 Marseille cedex 20

  

Téléphone: 04 91 57 55 63

Mobile: 07 86 14 61 55

 

 

Commenter cet article

SP 06/12/2014 20:12

C'est sérieux ? Il est envisagé d'exclure la Côte d'Azur de la transversale Grand Sud ?

C'est lamentable. Résumons la triple peine de la Côte d'Azur
- faute de LGV, les temps de parcours sont déplorables entre Marseille et Nice (2h30 pour relier deux ville distantes de 158km à vol d'oiseau, c'est 60km/h de moyenne, la vitesse du pigeon
voyageur)
- faute de LGV et si on applique les prescriptions de la Cour des Comptes, il faudrait que les TGV s'arrêtent à Marseille et aucun n'aille à Nice (ceci est en bonne voie, puisqu'il y a de moins en
moins de TGV intersecteurs (ie dont la destination n'est pas Paris) à Nice
- mais même s'agissant de trains non TGV, il faut les supprimer.

Donc le destin ferroviaire, c'est la correspondance systématique à Marseille St Charles, du moins tant que le conseil régional dispose des moyens de financer des TER intercités. Peut-être que
bientôt il faudra se contenter de TER caboteur : 3h45 entre Marseille et Nice, impeccable puisque de toute façon, les temps de parcours n'ont pas d'influence sur le report modal (sic) dans les
diners mondains.

Mais au fait Marseille Nice relève-t-il du transport régional ? Et si au contraire, vu le succès de ces trains, il était imposé à la direction Grandes Lignes de la SNCF, de faire circuler une
vingtaine de trains entre Marseille (ou Aix TGV) et Nice (TGV, Téoz ou TET, peu importe, c'est la SNCF qui étudiera les destinations les plus appropriées parmi les trains qu'elle fait déjà arriver
à Marseille depuis le reste de la France), c'est à dire le niveau d'offre actuel, et que les usagers régionaux puissent emprunter ces trains, y compris au tarif Zou et abonnement, et pour cela, la
Région verserait une subvention, équivalent à ce qui coute actuellement le fonctionnement de ses TER intervilles Marseille Nice....

Cela serait probablement gagnant pour tout le monde :
-les finances de la Région
-le service offerts aux usagers
-les finances de la SNCF

Et en plus, on justifierait d'autant plus les travaux d'une gare souterraine traversante à Marseille...

Aharon 22/11/2014 22:12

Bonjour,

On ne peut que regretter la disparition de l'offre Intercités sur le tronçon Marseille-Nice, qui avait tout son sens, plus que l'offre Tgv étant donné l'absence de ligne à grande vitesse.
Ces trains étaient empruntés, mais bon on nous annonce une nouvelle ligne aérienne Bordeaux-Toulon ... Je suis déçu, l'offre se dégrade, les trains également, pourtant ça ne doit pas coûter bien
cher de prolonger ces trains, au moins les WE ou en vacances où ils affichent complets (ce qui me permet de douter du manque de rentabilité de la ligne).

jeanyvespetit 23/11/2014 09:13



Tout n'est pas encore perdu! bonne journée



adrien 22/11/2014 20:57

Bonjour Mr Petit,

Merci pour ce compte-rendu et cette intervention auprès du DG de Intercités, nécessaire.

Autre option à étudier (qui pourrait être intéressante pour la SNCF) : trouver un compromis comme suit (les compromis, des fois, ça marche) =

- La région PACA accepte que les TET "Grand Sud" Bordeaux-Toulouse-Montpellier-Nîmes-Marseille ne desservent plus que les "grandes gares" et ne poursuivent plus jusqu'à Nice (lamentable, vue la
densité démographique du 06 et du 83 mais tant pis)
- en contrepartie la SNCF accepte pour (re-)prolonger le TET "cévennol" (actuellement Clermont-Nîmes) de Nîmes.... à NICE. Avantages multiples = on rétablit le cévennol non seulement jusqu'à
Marseille, mais on compense aussi la disparition du Marseille-Nice (je n'oublie pas le Var qui compte plus d'1 Million d'habitants, à mi-chemin entre Marseille et Nice !) / 3ème avantage on permet
aux nîmois et aux arlésiens d'aller au-delà de Marseille sans changement (actuellement IMPOSSIBLE , un comble) et donc on peut faire du cabotage avec le TET "cévennol" avec arrêts à Nimes, à Arles,
(Miramas), Marseille, Toulon, Les Arcs, Fréjus/St Raph, Cannes, Antibes, Nice.

Tout le monde y gagnerait. Si la SNCF insiste avec son service 2017 castrateur (qui privera le 83 et le 06 de trains classiques passe-Marseille labellisés "TET") et si l'Etat continue à se montrer
aux abonnés absents (ce gouvernement PS est décidément pire que tout notamment pour l'aménagement du territoire et l'écologie !) , proposons alors cette alternative intelligente sous forme de
"compromis" (qui rendrait d'ailleurs le cévennol sans doute plus attractif voire plus rentable).

Bonne soirée.

Adrien

jeanyvespetit 23/11/2014 09:12



Merci pour votre suggestion.