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Blog de jean Yves Petit

La Réponse du Président de la Fédération des usagers à la lettre des vices-présidents écologistes ...

25 Septembre 2013, 11:53am

Publié par jeanyvespetit

Ci-après, la réponse du Président de la FNAUT à notre lettre.

Merci à Jean Sivardière pour sa réactivité.

 

M. Jean-Yves PETIT, Vice-Président du Conseil Régional PAC, Délégué aux transports et à l’écomobilité

 

Monsieur le Vice-Président,

J'ai bien reçu la réponse que vous avez adressée à la FNAUT concernant la hausse des coûts de production des trains TER et l'ouverture à la concurrence préconisé par la FNAUT, et vous en remercie.

Permettez-moi de rectifier une erreur d'interprétation de notre position : la FNAUT n'a jamais préconisé, même dans certains cas, le remplacement du train par le car. Ce que dit la FNAUT est sensiblement différent : elle n'est prête à accepter un transfert sur route que si la preuve de la non-pertinence économique du train a été préalablement apportée, après qu'on ait donné toutes ses chances au train (amélioration de la qualité de service permettant d'attirer une clientèle élargie, coordination et non concurrence train-car, réduction des coûts d'exploitation).

Or cette preuve passe en particulier par l'expérimentation de nouvelles méthodes d'exploitation (matériel léger, personnel polyvalent) et donc, compte tenu de l'immobilisme de la SNCF et des compétences démontrées par d'autres exploitants à l'étranger, par l'ouverture à la concurrence. Cette démarche a d'ailleurs longtemps été approuvée par votre parti, elle est également suggérée dans la récente étude du CEREMA (Ville, Rail et Transports du 17-09-2013).

Bien entendu, nous sommes d'accord sur les points suivants :

- à fréquence égale, on observe une perte de clientèle important lors d'un transfert sur route, d'où un bilan énergétique négatif ;

- le car est d'abord un complément du train, un outil de rabattement sur le train, et ne doit pas le concurrencer ;

- en France, le volontarisme des régions est à l'origine du renouveau du TER ;

- la réforme ferroviaire de 1997 a eu des effet pervers que la création du GIU devrait fortement réduire ;

- une plus grande autonomie des régions vis-à-vis de la SNCF est nécessaire ;

- la hausse du taux de TVA sur les transports publics est une absurdité.

Notre divergence porte sur le rôle de l'ouverture à la concurrence en Allemagne, dont nous pensons qu'il a été fondamental, et sur l'utilité de son introduction en France.

Nous acceptons volontiers votre proposition d'une rencontre pour un débat de fond sur l'avenir du TER.

Vous trouverez en pièces jointes trois numéros récents de FNAUT Infos consacrés aux transferts sur route.

Merci de transmettre ce message à vos trois collègues qui ont co-signé votre réponse à la FNAUT et dont je n'ai pas les adresses.

Je vous prie de croire, Monsieur le Vice-président, à mes sentiments les meilleurs.

 

Jean Sivardière, président de la FNAUT, tél. 04 76 75 23 31

 

LOGO EELV fondblanc quadri

 

Monsieur le Président de la

                                                    FNAUT

                                                    32 rue Raymond Losserand

                                                    75014 Paris

 

 

 

                                                                                     Marseille, le 19 septembre 2013

 

 

 

Monsieur le Président,

 

Par un courrier aux Présidents de régions, vous préconisez, face à la hausse des coûts de production du train régional, l’ouverture à la concurrence du ferroviaire, voire dans certains cas le remplacement par des cars des trains les moins chargés.

 

Comme vous l’avez-vous-même pointé à l’issue d’une récente étude : fréquence égale (autant de cars demain que de trains aujourd’hui), un tiers seulement des usagers prennent le car, et les autres leur voiture, avec donc un bilan écologique négatif. Le car a bien sa place dans le cadre d’une intermodalité bien pensée, où il constitue le complément indispensable du train en rabattement sur les gares, ou pour élargir ses horaires de passage (soirée…). Il ne saurait, à notre sens, constituer un substitut durable au train.

 

Concernant le succès du développement de trains régionaux, tant en Allemagne qu’en France, c’est bien le volontarisme des régions qui a été déterminant, plus que l’ouverture à la concurrence, dans un marché régulé où les candidats aux appels d’offre sont peu nombreux.

 

Pour autant, les vice-présidents écologistes des régions françaises en charge des transports considèrent que la hausse des coûts de production du train n’est pas soutenable, d’autant qu’elle n’est pas toujours en rapport avec la qualité de service.

 

Ils renouvellent leur appel urgent à :

 

une réforme du système ferroviaire rendant plus opérant son pilotage (auquel doivent participer les régions) : l’éclatement du système depuis 15 ans a multiplié les interlocuteurs, les lieux de décision, les coûts… ; le seul gain financier attendu de cette réforme est de près d’un milliard d’€ !

 

une plus grande transparence des comptes fournis par la SNCF et une autonomie accrue des régions dans le choix des matériels roulants, la gestion des gares régionales et locales -et de leur foncier-, le prix et la distribution des titres de transport

 

le retour au taux réduit de TVA (5 %) pour les transports collectifs, au lieu de son passage de 7 à 10 % avec des conséquences lourdes pour les usagers comme pour les autorités organisatrices de transport.

 

Ils revendiquent également, en régions comme en Ile-de-France, la possibilité de mobiliser un versement transport (contribution des employeurs publics et privés) pour financer l’exploitation des trains régionaux, comme cela se fait pour les réseaux de transport urbain. Au-delà, ce sont de véritables nouvelles ressources pérennes affectées aux transports qui doivent être créées au profit des acteurs qui financent les transports publics, à commencer par les régions.

 

Veuillez croire, Monsieur le Président, en l’expression de nos meilleurs sentiments.

 

 

 

 

Françoise Coutant,

Vice-Présidente de la Région Poitou-Charentes

 

Alain Fousseret,

Vice-Président de la Région Franche-Comté

 

Jean-Yves PETIT

Vice-Président du Conseil Régional

Délégué aux transports et à l’écomobilité

 

Pierre Serne,

 

Vice-Président de la Région Ile-de-France

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