Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Blog de jean Yves Petit

Lettre au Préfet de région à propos de la ligne Nice/Breil/Tende/Cunéo...

21 Septembre 2013, 06:19am

Publié par jeanyvespetit

logo paca
Le Vice-président,
Délégué aux Transports et à l’éco-mobilité
 

 

 

Monsieur Michel CADOT

Préfet de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur

Place Félix Baret0

13282 MARSEILLE CEDEX 6

 

Marseille, le 19/09/2013

 

Monsieur le Préfet de Région,
Par le présent courrier je souhaite attirer votre attention sur l’urgence d’un positionnement de l’Etat en ce qui concerne la rénovation de l’infrastructure de la ligne NICE- BREIL-TENDE.
Cette ligne est aujourd’hui, pour sa partie française  BREIL – TENDE – frontière italienne, sous la menace d’une mesure de ralentissement généralisée en Décembre 2013.  RFF nous a confirmé par lettre du 18 juin que, SNCF Infra préconisant de créer de nouvelles zones de ralentissement sur ce tronçon, le gestionnaire d’infrastructure avait décidé d’un ralentissement à 40 kms /h sur l’ensemble de la section BREIL-TENDE, soit 47 kms au total,  applicable au changement de service SA2014.
Je me permets de vous rappeler le statut de cette ligne, gérée au titre de la convention franco – italienne du 24 juin 1970 et faisant reposer, au nom des dommages de guerre, les charges sur l’Etat italien. S’il est vrai que la ligne est principalement parcourue par des trains italiens reliant Cuneo à Vintimille, ceux–ci servent aussi aux usagers français de la Roya. D’autre part les TER de la région PACA assurant la liaison NICE-TENDE circulent aussi sur ce tronçon de ligne.
J’attire votre attention également sur la dimension internationale de cette ligne qui permet de relier deux  métropoles de dimension européenne : TURIN et NICE et la mobilisation des élus et acteurs économiques de ces deux métropoles, pour assurer, au-delà de la préservation de la ligne, la reprise de liaisons directes TURIN–NICE.
De plus l’intérêt touristique de la ligne n’est plus à démontrer, et l’on peut citer l’exemple du Train des Merveilles, qui attire chaque saison plus de 30 000 voyageurs venus du monde entier. Une proposition d’inscrire la ligne et les sites au patrimoine mondial de l’humanité auprès de l’UNESCO est d’ailleurs actuellement à l’étude.
Depuis 2012, le principe d’une renégociation de la convention intergouvernementale de 1970 a été validé et des discussions se sont  engagées entre les représentants des deux ministères. Ces discussions semblent bloquer actuellement sur les questions de répartition financière des coûts.
Les trois régions Provence-Alpes-Côte d’Azur, Piémont et Ligurie ont écrit aux deux Etats pour manifester leur volonté de préserver cette ligne, demander à être associés aux discussions sur la convention de 1970 et insister sur l’urgence d’une réponse pour ce qui concerne l’infrastructure.
L’étude RFF produite en 2011 a déterminé les travaux qui seraient nécessaires pour la mise en sécurité de la ligne et pour éviter le ralentissement prévu. Le coût de ces travaux était estimé à 27 millions d’€. L’étude indiquait par ailleurs qu’un investissement de 100 M€ serait nécessaire à moyen terme pour, au-delà de la sécurisation, assurer la pérennité de cette ligne.
Suite aux contacts que notre région a établi avec les régions transalpines, et grâce également, il convient de le reconnaître, à la mobilisation des acteurs socio–économiques, associations et élus locaux, le service a été maintenu, côté italien, jusqu’en décembre. Nous avons pu également, en lien avec la SNCF, continuer d’assurer une desserte des gares et haltes de la haute Roya pour 2013.
Mais nous savons avec certitude que, si la mesure de ralentissement était mise en œuvre en décembre 2013, elle entrainerait immédiatement une réduction drastique du service par la région Piémont, passant de 16 circulations quotidiennes à 4 ou 5 ce qui signifierait, à terme,  la fermeture de la ligne.
C’est pourquoi il me semble indispensable qu’un signal positif soit envoyé avant décembre par l’Etat français concernant sa contribution au financement des investissements d’urgence sur la ligne, auquel cas nous pourrons obtenir de RFF une suspension de la mesure de ralentissement.
Pour ce qui la concerne, la Région PACA, malgré des contraintes budgétaires fortes, pourrait aussi contribuer au financement des investissements de modernisation de cet axe, ce point pouvant être abordé dans le cadre de l’élaboration du futur Contrat de Plan Etat Région.
Je vous prie croire, Monsieur le Préfet de Région, en l’assurance de mes respectueuses salutations.
 
 
Jean-Yves PETIT

Commenter cet article

Gilles06 22/09/2013 11:10

Bonjour

Cette ligne est une véritable chance pour désenclaver les Alpes Maritimes, il serait dommage qu'elle ferme faute de volonté politique au niveau national surtout du côté français depuis des
décennies, mais aussi côté italien.

Ce n'est pas une critique envers les élus de la région PACA qui font un travail remarquable depuis 1998 au niveau ferroviaire, mais plus envers les décideurs nationaux des deux pays.

On peut déplorer l’attitude de la Région Piémont qui préfère sacrifier cette ligne pour favoriser une LGV Lyon-Turin exorbitant, inutile et tout aussi impopulaire chez la plupart de Piémontais que
la LGV PACA chez nous. Je suis particulièrement en colère contre les responsables nationaux de la SNCF, mais aussi les gouvernements successifs qui ont laissé périr la ligne depuis sa réouverture
en 1979, en ne se contentant que d'une voie unique non électrifiée destinée à un transport local. Il est scandaleux que l'électrification de tout le tronçon français de la ligne ( branche de Sospel
comme celle de Vintimille) n'ait pas été rétablie comme elle était avant la deuxième guerre mondiale.

Or l'électrification de l'intégralité de la ligne est plus qu'urgente et cela devrait être une priorité pour dynamiser celle ci. Mais on peut aller au delà de l’électrification en imaginant une
ligne à double voie électrifiée, y compris sur la branche de Sospel, le fameux „Radoppio“ dont parle les Italiens, car cet axe le mérite largement, même si ce ne sont pas des vitesses TGV ce sera
un immense progrès pour relier Nice à Turin, et en moins de deux heures tout de même. Avec un „Radoppio“ on pourrait créer un système de cadencement tous les deux heures, voir toutes les heures,
pour relier Marseille à Turin (via Toulon et Nice) ce qui pourrait aider à optimiser la ligne.

Il serait bien que nos responsables de la CCI de Nice mettent d’avantage leur énergie pour valoriser la ligne Cuneo Vintimille plutôt que de défendre un projet qui ne va en rien résoudre les
carences au niveau ferroviaire des Alpes Maritimes, sauf permettre à Sophia Antipolis d’être desservi par le train, chose qui aurait du être pensé 50 ans en arrière à sa création. Le désenclavement
des Alpes Maritimes ne pourra pas se faire par la LGV PACA , l‘A8 BIS Ferroviaire, en raison de son rôle de doublement de la ligne Nice Marseille, n’offrant que les mêmes destinations, car on
n’aura pas résolu le trafic de passage, surtout vers le Nord. Le désenclavement des Alpes Maritimes ne peut que venir d’un renforcement des deux liaisons ferroviaires alpines aussi bien Nice –
Turin que Grenoble - Nice , car on connecte Nice à l’ensemble de l’Arc Alpes Méditerranéen en la positionnant comme pôle d’échange majeur de cet espace territorial.


A méditer

Cordialement