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Blog de jean Yves Petit

La vulnérabilité énergétique, une réalité sur notre territoire régional …

15 Février 2015, 08:30am

Publié par jeanyvespetit

argentLes principaux éléments de mon intervention à l’occasion d’une conférence de presse tenue vendredi, avec l’Etat, sur la question de la vulnérabilité énergétique.

Il y a un an, à la Maison de la Région, nous avions une présentation de l’étude prospective Ménages logements.

 

Cette étude nous alertait sur la baisse de la population dans certaines communes de notre territoire liée, notamment, à une réponse insuffisante en matière de production de logement. Elle posait les questions sur notre capacité collective à répondre aux besoins de nos concitoyens en matière d’un logement accessible à tous.

Aujourd’hui, les résultats de l’étude concernent la question de la vulnérabilité énergétique des ménages est souvent en lien avec la qualité ou plutôt la non qualité de leur logement.

Ainsi 256 000 ménages sont en situation de vulnérabilité énergétique soit 12% des ménages régionaux ou un 1 ménage sur 8.

Et si notre territoire figure parmi les régions les moins vulnérables, cela est due essentiellement au fait d’une forte concentration de la population dans la partie la plus urbanisée du territoire et bénéficiant de bonnes conditions climatiques.

 

Nous ne pouvons pas nous réjouir de ce bon classement. En effet, pour 165 000 ménages cette vulnérabilité est liée au coût des transports individuels, pour les autres à leurs dépenses de chauffage et 27 000 ménages cumulent les 2 (déplacement + chauffage).

Il est constaté une forte concentration des ménages confrontés à la vulnérabilité énergétique dans les départements alpins (04 et 05) mais aussi dans les périphéries des zones urbaines, notamment métropolitaines, là où se trouvent de multiples lotissements créés ces dernières années.

Comment en sommes-nous arrivés à cette situation en dehors du contexte d’instabilité des prix de l’énergie ?

 

C’est le résultat de plusieurs décennies de politique de l’autruche où nous avons laissé se développer l’étalement périurbain dans une logique de rentabilité à court terme : plus loin moins cher !

Alors que nous savions tous, et les écologistes n’ont cessés de le dire, que ce modèle était déjà obsolète car coûteux aussi bien pour les ménages que pour collectivités, notamment en terme de gestion des infrastructures et des services.

 

Il s’agit maintenant de revoir notre mode d’urbanisme et nous placer dans une logique de stratégie :

-      foncière en intégrant les dimensions mobilités emplois logement.

-      en disposant d’une politique des transports multimodale dont le développement va se poursuivre avec le contrat de plan Etat / Région 2015/2020

 

La création des métropoles (Nice et Marseille) et le transfert de la compétence  transports et celle de la voirie des départements vers la Région, dans le cadre de la loi NOTRE (Nouvelle Organisation Territoriale de la République), devraient favoriser la mise en œuvre de politiques publiques intégrant l’ensemble des bassins de vie, capables de dépasser la segmentation administrative des territoires, et nous permettre de disposer d’actions plus efficaces.

 

Je retire de cette étude les points ci-après :

-      Elle fait la corrélation entre vulnérabilité et éloignement des bassins d’emplois y compris pour les ménages à revenus élevés.

-      Elle souligne que les ménages les plus vulnérables sont ceux qui en logement individuel se chauffent encore au fioul.

-      Elle met en évidence que les ménages sont moins vulnérables quand ils vivent dans des logements collectifs surtout si ces logements sont des logements sociaux.

Les deux premiers points sont importants car ils confirment la justesse de nos politiques publiques, au sein de notre Région, en matière de développement des transports collectifs ou du développement des énergies renouvelables.

 

Le dernier point est une satisfaction, notamment pour ma collègue Colette Charriau, Vice-présidente en charge du logement, car il s’inscrit dans la politique soutenue par notre collectivité ces dernières années avec le programme RHEA HLM dont l’objectif qui a été atteint, était de soutenir la rénovation énergétique de 25 000 logements sociaux.

Cela démontre que la Région avec les bailleurs sociaux et les collectivités locales, a su et pu initier un dispositif de massification de la rénovation énergétique.

 

La Région va poursuivre cet effort aussi bien en matière de logement social qu’en direction du logement privé.

C’est l’objectif du nouveau cadre d’intervention que nous avons voté en décembre dernier et dans lequel nous avons mis l’accent sur l’accompagnement des ménages car il ne suffit pas de faire des travaux il faut expliquer pourquoi.

 

La réduction de la vulnérabilité énergétique est aussi une affaire d’éducation et de modification des comportements. Le travail réalisé depuis plusieurs années par le réseau régional de la précarité énergétique est exemplaire, il faut le souligner.

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