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Blog de jean Yves Petit

Lettre aux Maires des communes situées le long de la ligne Nice - Coni ...

21 Juin 2015, 07:20am

Publié par jeanyvespetit

 

Le Vice-président,

Délégué aux Transports et à l’éco-mobilité

 

 

Lettre aux Maires des communes situées le long de la ligne Nice - Coni

 

 

Marseille, le 19 juin 2015

 

 

Madame, Monsieur le Maire,

 

Un Conseiller régional des Alpes-Maritimes, membre de l’opposition, a tenu des propos à l’encontre de la Région lors du comité de ligne de Breil s/Roya le 1er juin dernier. Propos repris dans un courrier du 3 juin, adressé à des élu(e) s. Suite à cela, des Maires ont souhaité avoir des précisions de la part de la Région sur le devenir de la ligne Nice-Cunéo et sur les investissements liés au Contrat de Plan Etat-Région 2015/2020. Je le fais donc très volontiers.

 

Tout d’abord, il est utile de vous faire savoir que la Région n’est ni propriétaire, ni maître d’ouvrage du Réseau Ferré National qui appartient à SNCF Réseau (anciennement Réseau Ferré de France). Ce dernier, à ce titre, doit en assurer l’exploitation, la maintenance et le renouvellement. La Région quant à elle, s’acquitte via son exploitant, de péages pour les circulations ferroviaires opérées par l’opérateur, SNCF Mobilité.

 

Ainsi, les subventions d’investissements de la Région sur le Réseau Ferré National ne relèvent pas d’une compétence obligatoire mais bien d’une politique particulièrement volontariste, puisque la Région contribue largement également à l’amortissement de ces mêmes investissements au travers des péages et différentes redevances.

 

La ligne de la Roya fait partie du Réseau Ferré National français. Mais par une convention Franco-Italienne de 1970, elle est soumise à un régime juridique particulier au titre des dommages de la seconde guerre mondiale. Cette convention est de la compétence des Etats. Toutefois, pénalisée par cette situation, qui induit de nombreux obstacles pour les circulations régionales et transfrontalières, la Région a su lier avec le Piémont, la Ligurie, la Province de Cuneo, celle d’Imperia et de nombreuses autres collectivités un partenariat d’action en vue de préserver la ligne.

 

 

 

Elle a saisi à de nombreuses reprises l’ancien Ministre des Transports Dominique Bussereau sans que des suites positives puissent être trouvées. C’est sous l’actuelle majorité présidentielle et sous l’impulsion de la Région qu’un accord a pu être trouvé lors de la rencontre Franco-Italienne de Rome du 20 novembre 2013.

 

 

 

C’est encore la Région qui a veillé, depuis, à l’avancement des négociations entre SNCF Réseau, la Région Piémont et Rete Ferroviaria Italiana (RFI), le gestionnaire d’infrastructure en Italie, conduisant à l’obtention effective des 29 M€ de subvention du Gouvernement italien et à la signature le 27 mars 2015 d’une convention de financement pour la sécurisation de la section française de la ligne.

 

Concernant le Contrat de Plan Etat Région 2015-2020, son élaboration a, en effet, été particulièrement laborieuse et compliquée du fait de l’absence notable des élus des Alpes Maritimes aux réunions de négociation, alors même que ce département regroupe une grande diversité d’enjeux en matière de transport ferroviaire allant du désenclavement des vallées alpines à la desserte périurbaine le long du littoral.

 

Aussi, je me permets de corriger quelques chiffres entendus ou lus et de rétablir certaines vérités. Ainsi, si le CPER porte bien sur une contractualisation de 1 670.75 M€, ce montant porte sur les cinq volets thématiques du CPER. Le Volet « Dynamiser l’accessibilité multimodale » porte sur un montant de 775.59 M€ auquel la Région participe majoritairement à hauteur de 403.29 M€, en vue d’apporter une réponse efficace aux nécessités de s’engager sur le chemin difficile de la transition énergétique et écologique.

Au sein de ce volet, la participation de la Région à hauteur de 73.95 M€ aux investissements routiers et de 33.9 M€ pour le portuaire est motivée par la volonté d’avoir une réponse transversale dans l’exercice des compétences régionales obligatoires qui relèvent du champ du développement économique, de l’aménagement et de l’environnement.

 

En matière de transport ferroviaire, la Région a inscrit 217.4 M€ pour la poursuite de la modernisation des réseaux en synergie avec le projet de Ligne Nouvelle. Il convient de noter que 41.57 M€ sont fléchés sur des opérations spécifiques aux Alpes Maritimes. Les 9,1 M€ pour la ligne Breil-Tende en représentent donc une fraction substantielle. Notez que si l’Etat français compte sur une participation des partenaires italiens, il compte aussi, pour ces opérations intéressant directement leur territoire, sur les grandes collectivités locales des Alpes Maritimes qui sont toujours attendues pour abonder les plans de financements.

 

Par ailleurs, la Région a également inscrit 75 M€ au CPER pour l’aménagement et la mise en accessibilité des pôles d’échanges multimodaux et, dans une optique d’intégration de la chaine multimodale, la Région a inscrit 3 M€ en faveur des modes doux. Une somme non négligeable de ces opérations portera sur le territoire des Alpes-Maritimes, si des projets émergent.

Au total, la Région a donc inscrit 295.4 M€ en faveur du déplacement de nos concitoyens par modes alternatifs à la route.

A propos du document budgétaire, les crédits pour le territoire des Alpes Maritimes ne sont pas nécessairement tous individualisés. Je vous informe également que lors de la dernière Assemblée Plénière, les conventions pour les études et les acquisitions foncières de la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur, la réalisation de la gare de Nice Aéroport et les études ERTMS ont été validées pour un montant total de 1 970 833 €.

 

Enfin, la demande de la Métropole Nice Côte d’Azur, pour s’éviter la création d’une ligne de tramway, d’un cadencement au quart d’heure sur le bas de la ligne Nice-Breil, ne porte pas sur une section précisément définie. Un terminus à la Halte de Drap-Fontanil apparait actuellement techniquement impossible. Des études ont été inscrites au CPER 2015-2020 pour évaluer l’opportunité socio-économique de ce cadencement et sa gare d’origine (par exemple l’Escarène).

 

Je me tiens à votre disposition pour tous éléments complémentaires que vous souhaiteriez et vous prie d’agréer, Madame, Monsieur le Maire, l’expression de mes sincères salutations.

 

 

 

 

Jean-Yves PETIT

 

 

 

Lors d'une réunion à Coni avec mes deux collègues, vice président transports, des Régions Ligurie et Piémont ... La Région PACA a toujours été présente et active ...

Lors d'une réunion à Coni avec mes deux collègues, vice président transports, des Régions Ligurie et Piémont ... La Région PACA a toujours été présente et active ...

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SP 04/07/2015 18:37

Vous savez, je vous laisse volontiers à vos utopies. Si un jour, le projet ou les projets qui vous sont chers sont déjà en état d'être des projets palpables (car pour l'instant, vous n'écrivez que du texte, pas même un schéma qui permettrait d'avoir une vision de ce que vous souhaitez, combien de kilomètres de lignes il faudrait construire, les grands massifs traversés, et vous vous refusez même à détailler), je ne serais pas celui qui s'y opposera, au contraire. Des projets aussi qui réuniraient déjà un certain nombre de soutiens (pour l'instant, je n'ai lu que vous sur le sujet, alors que la LN PCA, même avec des options contestables, est soutenue par l'Etat et toutes les collectivités... ainsi que par l'opinion publique, ne vous en déplaise, d'après un sondage). Et pas des soutiens de 1920, des soutiens actuels ! Et je ne vois pas comment un projet aussi peu palpable et irréaliste que Lyon Grenoble Nice pourrait + inspirer confiance à l'opinion publique que Marseille Nice
Accessoirement, dans la situation présente, vouloir rassembler le maire progressiste vert et rouge de Grenoble, avec le baron local de Nice, il y a du boulot !

Vous parlez de gadget à propos de la LN PCA, franchement un peu de "retenue". Un projet qui double un axe historique existant, beaucoup trop fréquenté, et qui permettrait de diviser quasiment par 3 les temps de parcours (et donc proposer des liaisons Paris Nice en 3h45 extremement compétitives), il faut aimer la provocation pour dire que c'est un gadget qui ne sert à rien. Croyez moi que pour les 100 millions de passagers ferroviaires annuels attendus en PACA à moyen terme, ça ne sera pas un gadget.
Il faut vraiment ne pas avoir regarder le dossier pour dire que la gare souterraine de Marseille n'est d'aucune utilité. Quand bien même le reste du projet ne se ferait pas, elle permettra de fiabiliser le prolongement des TGV de Marseille à Nice via la ligne classique (en évitant les rebroussement à St Charles pour les trains desservant cette gare, ou l'usage du tunnel des Chartreux, avec des TGV qui cisaillent à niveau les flux TER, ce qui engendre de nombreux retards régionaux et nationaux), permettra d'offrir des liaisons TER directes entre l'étang de Berre (dont l'aéroport de Marseille) et la zone Aubagne-Toulon. Elle est une condition pour augmenter l'offre de train sur Marseille Aix (car il faut des voies à quai en gare St Charles pour cela). Bref, elle est nécessaire. Il vaut mieux cette gare que rien. Elle est évidemment insuffisante pour rêgler tous les problèmes ferroviaires de PACA, à commencer par l'accessibilité de la Côte d'Azur

C'est aussi amusant d'affirmer que soutenir ce projet, ça serait soutenir l'austérité car on se contente de 10 ou 15 milliards au lieu de 50. Je ne pense pas être dans l'optique de soutenir un projet "pas cher" avec la LN PCA. Mais je le crois réaliste. Après, chacun son réalisme.

Sur quelle base pouvez vous dire que la LN PCA ne résoudra pas les noeuds ferroviaires de Marseille et Nice ? Quels seront les problèmes qui perdureront ? Je suis tout oui.

Pour remplacer la LN PCA, avec votre projet Lyon Grenoble Nice (déjà très cher), vous rajoutez maintenant plusieurs bretelles : "interconnexion entre Mézel et Manosque", "interconnexion entre Pertuis et Eyguilles" (celle là, j'y suis favorable dans le cadre de la percée du Montgenêvre), "Un axe Ouest-Est Cavaillon-Cuneo (via Pertuis, Manosque, Volx, Mézel, Castellane, Grasse, Cagnes sur Mer, Nice St Isidore, St André la Roche, Contes, l’Escarène, Breil sur Roya et Borgo San Dalmazzo),". Etes vous certains de ne pas dépasser la centaine de Milliards d'euros ?

Très franchement, je ne suis aucunement serein quant à la réalisation de la LN PCA, il y a tant d'obstacles. Mais pas le Grenoble-Nice. Imaginez d'ailleurs les obstacles que celui-ci rencontrerait

Quant à la LN PCA que je souviens, je vous assure, c'est moins de 10 Milliards d'euros en 1ere phase (Marseille Aubagne et EstVar-Nice) sans LN dans le Var, et moins de 14 milliards d'euros en tout en passant par Brignoles (et pas Toulon). Ce serait déjà tout un ramdam que de ne pas passer par Toulon, alors imaginer pour Marseille ! (j'ignore comment vous arrivez à 50 Milliards d'euros, même en ajoutant Lyon Turin)
Avec une différence, les TGV arrivent déjà à Marseille. C'est plus facile de les prolonger vers Nice (en moins d'1h), que de créer plein de liaisons TGV de bout en bout depuis Nice (Nice Lille, Nice Rennes, Nice Paris etc...). Car il faut alors que le seul marché de la Cote d'Azur les remplisse. Et il n'est alors pas sur qu'il soit suffisant pour que les fréquences soient nombreuses. En passant par Marseille, vous ajoutez à ce marché, celui entre Marseille et Nice, à moindre cout.
A un moment donné, il y a les ayatollah qui voudraient passer par Marseille, Toulon et Cannes pour rejoindre Nice, et qui se fiche du cout et de la faisabilité. A un autre moment des gens qui filent direct vers Nice, sans même passer par une autre ville, au moins de la Vallée du Rhone. Après, on pourrait aussi juste chercher des solutions médianes et réalistes.
Oui je pense qu'il faut passer par Marseille ou à proximité pour rejoindre Nice (il est acté que ça sera par Marseille St Charles en souterrain, ça n'était pas mon idée initiale, mais je m'y rallie). Tout comme il faut passer par Lyon ou à proximité pour rejoindre Paris. Et passer par Paris ou à proximité pour rejoindre Lille. Etc...
Et je n'ai pas envie de créer des rivalités entre villes : toutes doivent coopérer.
Et non, passer par Marseille ou à proximité n'empêche pas d'être compétitif par rapport à l'avion. Encore une fois, ça permet Paris Nice en 3h45, et à terme si Paris Lyon est doublé par Nevers, on aurait même Paris Nice en 3h25 : c'est plus que largement pertinent. Libre à vous de croire le contraire, mais il semblerait que vous ne connaissiez pas les ordres de grandeur des flux voyageurs en jeu, ni les potentialités de report depuis les autres modes (qui ne sont pas infinies !)

Gilles06 30/06/2015 09:46

2/
Mais oui cher ami, pour desservir Nice il faudra au minimum 20 Milliards d’Euros, même avec votre gadget, en raison de la topographie accidentée et de l’urbanisme « diffus » obligeant au creusement de nombreux tunnels, un mot qui vous fait si peur ! Et pourtant même avec ces 20 Milliards cela ne suffira pas pour améliorer la mobilité en PACA et même dans l’ensemble de l’Arc Alpe Méditerranéen, dont les enjeux sont tellement nombreux et importants que ce serait trop long à énumérer.

Il faut avoir l’honnêteté de dire clairement à l’opinion public qu’un véritable Plan Marshall Ferroviaire d’au moins une quarantaine voire une cinquantaine de milliards sera nécessaire pour améliorer le réseau ferroviaire l’Arc Alpe Méditerranéen de Grenoble à Nice et Marseille à Turin, la transparence passe mieux que l’opacité auprès des citoyens. Croire que l’on pourra éviter une telle somme en vantant des projets « pas chers ! », est purement démagogique et relève de l’usurpation absolue. En revanche mettre 50 milliards d’Euros pour les LGV Marseille-Nice et Lyon Turin, ne servira à rien pour faire face à de tels enjeux
.
Pour être honnête il faudrait non pas une, mais deux nouvelles lignes pour faire face aux différents enjeux dans l’Arc Alpe Méditerranéen.

Un axe nord-sud, LGV Nice-Lyon (via Vence, Castellane, Mézel, Gap, La Mure, et Grenoble) avec 15 à 20 arrêts TER desservies par des ICGV dont 3 pourront en plus accueillir des TGV.

Un axe Ouest-Est Cavaillon-Cuneo (via Pertuis, Manosque, Volx, Mézel, Castellane, Grasse, Cagnes sur Mer, Nice St Isidore, St André la Roche, Contes, l’Escarène, Breil sur Roya et Borgo San Dalmazzo), une Ligne Mixte qui combine à la fois Nouvelles Lignes et Lignes TER dont le principal objectif serait de créer une ligne de fret ferroviaire lourd (supérieur à 1000 tonnes) avec des pentes inférieures à 1, 5%. Mais elle serait aussi empruntée par des ICGV, TGV et TER, même pour faire Marseille-Milan, Barcelone-Milan ou Nice-Turin.

Alors vos dénigrement sur le Grenoble - Nice ne fait que masquer le manque de sérénité de la part des partisans de ce gadget entre Nice et Marseille qui savent très bien mais ne veulent pas l’avouer que celui-ci restera à jamais dans l’impasse ! Et ne vous déplaise, l’idée du Grenoble Nice pourrait fédérer bien plus que vous l’imaginez, et vue comment les opposants dans le Var risquent de faire plier votre gadget, et ceux de Savoie plieront l’autre gadget, vous n’aurez pas d’autre choix au niveau ferroviaire que de le soutenir.

Cordialement

Gilles06 30/06/2015 09:46

1/ @ Bonjour SP ou Secteur Public

A propos des coûts, à votre place je m’abstiendrais de tout commentaire sur ce sujet. Vous êtes un peu mal placé avec votre gadget à 20 Milliards d’euros ne servant qu’à une poignée de notables, adeptes de l’austérité prônée par Merkel, pour parler de projet « pas cher ! ». De plus en faisant croire à l’opinion publique que votre gadget ne dépasserait pas les 10 Milliards et en enjolivant ses performances socio-économiques celle-ci s’est sentie trahie et n’a plus confiance en celui-ci. Et après vous venez encore me donner des leçons sur le Grenoble-Nice ?

Eh bien non la LGV PCA n’est pas irremplaçable et ne résoudra rien par rapport aux nœuds ferroviaires de Nice et de Marseille, ni même améliorera le réseau TER en PACA, encore une fumisterie à ne pas croire. Une nouvelle ligne ferroviaire entre Nice et Lyon via Grenoble pourrait la remplacer sans complexe et offrir mieux en prestations.

Vous n’êtes pas plus expert du ferroviaire que je le suis, on est à armes égal sur ce terrain, tous deux de simples amateurs, rien d’autres ! Comment pouvez-vous prétendre qu’il faudrait obligatoirement passer par Marseille pour rentabiliser les grandes lignes au départ de Nice, alors que ce détour plombe toute possibilité de rendre le ferroviaire attractif par rapport à l’avion, quel mépris et quelle ignorance de votre part pour les citoyens azuréens. Si on suit votre logique on devrait demander à toutes les lignes aériennes au départ de Nice de changer à Marseille, curieux non ? Si vous êtes un adepte du Jacobinisme Marseillais, pas moi !

Vos critères socio-économiques sont totalement biaisés parce que de nombreux paramètres ont été négligés et sont basés sur de mauvais diagnostiques, et en plus ils n’inspirent en rien confiance auprès des citoyens. Vous négligez l’éventualité que les Hautes Alpes et Alpes de Haute Provence pourraient se peupler davantage et espèrent cela, en raison du coût de la vie devenue trop exorbitant et d’un surpeuplement excessif sur la bande littorale et la vallée du Rhône, et là, ni le Montgenèvre, ni la réouverture de Saint Auban- Digne dont même le CG04 n’en fait même plus une priorité préférant la route pour désenclaver Digne les Bains, suffiront pour faire face à une telle éventualité. On voit qu’il y a des paramètres qui vous échappent, en particulier historiques et culturelles. Si Grenoble était bien desservie à Nice elle préfèrerait se tourner davantage vers cette ville plutôt que vers Marseille ou Lyon et le Projet de Région Economique des Alpes dans les années 1920, est là pour le rappeler. Grenoble a des rivalités Lyon et Nice avec Marseille ce qui pourrait expliquer une probable entente entre ces deux villes. Et on a le même cas avec Gênes et Turin, toutes deux rivales de Milan, qui pour cela, préfèrent se tourner vers Nice pour effectuer leurs voyages internationaux en avion quand une offre existe.

Un passage par Grenoble va permettre à cette ville de bénéficier d’une bonne partie du trafic grande ligne vers le nord et l’atlantique au départ de Nice . La nouvelle ligne entre Nice et Lyon via Grenoble permettrait non seulement de décongestionner la ligne TER Marseille à Vintimille, mais en plus entre Lyon à Grenoble. Grâce à l’interconnexion entre Mézel et Manosque on pourrait emprunter cette nouvelle ligne même relier Avignon depuis Nice en moins de 1h30, mais aussi le Sud Ouest et la Péninsule Ibérique en passant par les agglomérations de Digne les Bains, Manosque et Pertuis, et même Nice à Marseille en moins de 1h15 grâce à une interconnexion entre Pertuis et Eyguilles (LGV Méditerranée vers Marseille). Tout cela éviterait de construire une gare souterraine à Marseille St Charles à 2.5 Milliards d’Euros qui n’est d’aucune utilité, surtout si votre ligne reste à jamais inachevée. Je ne vous détaille pas tout le reste du projet ce serait trop long à vous expliquer.

SP 29/06/2015 13:21

Avant de songer à une infra nouvelle entre Grenoble et Nice (sic, combien de dizaine de milliards d'euros), il faudrait déjà remettre en service des liaisons de bout en bout avec au maximum un seul changement de train (à Digne ou St Auban).
Et un tel investissement ne viendrait pas remplacer la LN PCA entre Marseille et Nice, mais s'y ajouter. A minima, le traitement des noeuds ferroviaire de Marseille (gare souterraine) et de Nice (section Mougins Nice) est inéluctable. Le trafic "local" entre Marseille et Nice est du même ordre de grandeur que le trafic national : il n'est donc pas idiot de chercher aussi à améliorer ce trafic local, sur une ligne où se concentre l'immense majorité de la population PACA (la bande littorale). Par ailleurs sur l'axe Marseille Nice, la réalisation du projet peut être progressive. Par exemple, prolonger le traitement du noeud azuréen, jusqu'à Est Var, c'est un surcout de moins de 2 Milliards d'euros, par rapport au 7 Milliards d'euros qu'il faut de toute façon engager à Marseille et sur Mougins-Nice, et c'est un gain de 40 min pour Nice. Et ça serait possible dès 2028. Combien de dizaines de Milliards d'euros faudrait-il engager pour une ligne via Grenoble et à quel horizon ?
Quid des trafics de la Cote d'Azur vers l'Espagne, le sud de la Vallée du Rhône, vers l'Atlantique avec un trajet par Grenoble ? Quid de liaisons entre Marseille et l'Italie ? Y compris en passant par Marseille, les liaisons de la Cote d'Azur vers Lyon et Paris seront très performantes (Lyon Nice en moins de 3h30 avec les arrêts, avec la réalisation partielle du projet). Mais surtout, pour les exploitants ferroviaires, il y a et y aura de toute façon des TGV de Marseille vers les principales villes et il est plus simple de les prolonger de Marseille à Nice, que de créer des mission dédiées via Grenoble, qui en outre n'assureraient plus les liaisons locales entre Marseille et Nice.

Gilles06 25/06/2015 17:16

Bonjour Mr Petit

Vous avez mille fois raison de pointer la mauvaise foi des élus des Alpes Maritimes concernant les projets ferroviaires décidés lors du CPER 2015 / 2020. Toutefois cette attitude n’est en rien étonnant de la part de nos décideurs des Alpes Maritimes, ça fait 80 ans que cela dure et ils ont une très lourde responsabilité sur la paralysie au niveau ferroviaire non seulement dans le département, mais aussi dans la région.
Cela date depuis que la CCI de Nice a finalement préféré se tourner exclusivement vers Marseille en 1935 et se couper de ses voisins alpins, français et italiens.
Or la décision de la CCI de Nice et des Alpes Maritimes de se retirer de ce projet initié par Raoul Blanchard dans les années 1920, la Région Economique des Alpes, est aujourd’hui lourd de conséquences bien plus que l’on pourrait l’imaginer. En s’obstinant depuis 80 ans à ce que Nice soit exclusivement tournée vers Marseille et en fermant tout débouché vers les Alpes, nos décideurs des Alpes Maritimes ont abouti à l’impasse dans laquelle tous les départements alpins de Grenoble à Nice, mais aussi entre Nice et Turin se trouvent encore aujourd’hui.

Nos décideurs des Alpes Maritimes ne semblent s’intéresser qu’au seul axe Marseille – Nice – Gênes. Rien que sur les propositions de la CCI de Nice, au niveau de comment améliorer la desserte ferroviaire des Alpes Maritimes, on se focalise uniquement sur la Ligne Nouvelle, mais il faudrait rappeler que c’est la LGV PACA, or celle-ci n’apportera aucune amélioration, et curieusement aucun mot sur la Ligne de la Roya. Il est vrai que la CCI de Nice préfèrerait que les trains entre Nice et Turin passent par Savone, Gênes et le Terzo Valico (nouveau tunnel de base entre Gênes et la plaine du Pô) pour un temps de parcours de 2h30, mais avec 150KM en plus que par la Roya. Or Nice Turin par le Terzo Valico n’est pas un temps de parcours attractif, même avec une simple électrification à voie unique on pourrait faire Nice Turin en 2h15 par la Roya. On aurait même les moyens de faire une électrification et mise à double voie intégrale de la ligne de la Roya pour moins de 3 Milliards d’Euros, les principaux tunnels sont déjà à gabarit double voie permettant de relier Nice à Turin en moins de 2 heures.

On se rend compte qu’avec une ligne de la Roya améliorée, on pourrait avoir un véritable axe ferroviaire Nice-Turin. Celui-ci pourrait être aussi névralgique pour le désenclavement des Alpes Maritimes, que pourrait l’être l’axe ferroviaire Grenoble-Nice dont j’ai longuement développé sur mon commentaire concernant votre article « Les Traversées Alpines ». Maintenant la balle est plus dans le camps de nos décideurs des Alpes Maritimes.

Cordialement